Actualités

Au Mans, le personnel de l’Ehpad Bérengère en grève : « On lutte pour nos aînés, mais on est rémunérés au SMIC »

Une quinzaine d’agents de l’Ehpad Bérengère, situé en plein centre-ville du Mans, ont débrayé le lundi 26 janvier 2026, réclamant une revalorisation salariale. Payés au SMIC malgré la charge physique et émotionnelle de leur travail, ces aides-soignantes et agents de service hospitalier protestent pour obtenir de meilleurs salaires. Le mouvement, organisé par la CGT, en est à sa cinquième journée de grève depuis le début de l’année, mettant en lumière la précarité des conditions salariales dans ce secteur essentiel.

Une mobilisation récurrente pour la revalorisation des salaires

Le personnel de l’Ehpad Bérengère, qui compte 60 salariés, a exprimé son mécontentement à plusieurs reprises depuis le début de 2026. Ce lundi, une quinzaine d’agents, particulièrement des ASH et aides-soignantes, ont débrayé entre midi et 14 heures devant la résidence, portant des banderoles clamant « Nos mains travaillent mais notre salaire stagne ». Équipés de sifflets et d’une enceinte, ils ont voulu faire entendre leur détermination face à une rémunération jugée insuffisante.

Selon Cathy Chevalier, déléguée CGT, il est « scandaleux d’être payé au SMIC lorsqu’on considère la qualité et l’intensité du travail réalisé ». Les revendications portent sur l’instauration d’un minimum salarial au SMIC pour l’ensemble des agents de l’établissement. Les grévistes dénoncent le fait que certains d’entre eux, malgré des années d’expérience, ne perçoivent qu’une légère augmentation liée à l’ancienneté, avec parfois moins de 100 euros de différence par rapport à une recrue.

Un métier exigeant, des salaires qui ne suivent pas

Travaillant dans un établissement de 104 chambres, les agents ont souligné la lourde charge physique du métier. Sylvie Goffic, ASH depuis 2019, précise qu’en deux heures, il faut nettoyer une vingtaine de chambres en plus des tâches liées au service du petit-déjeuner et à la gestion de la lingerie. Cette intensité rend leur travail particulièrement éprouvant.

Outre l’aspect physique, la dimension psychologique est également majeure. Émilie, aide-soignante de 34 ans, témoigne des difficultés liées à la prise en charge des résidents, notamment le mal de dos répété chez de nombreux collègues et le poids émotionnel lié aux décès. Elle souligne le manque de reconnaissance palpable, ce qui s’ajoute à la frustration salariale qui motive ces grèves.

Des propositions jugées insuffisantes par le personnel

Face à ces revendications, la direction du groupe Emera, auquel appartient l’Ehpad Bérengère, a proposé une augmentation de 7,40 euros brut pour les agents de service hospitalier et 30 euros brut pour les aides-soignantes, soit une revalorisation nette d’environ 15 euros par mois. Ce montant est jugé dérisoire par les grévistes, qui estiment qu’il ne correspond pas à la réalité économique ni à l’effort fourni.

Émilie déplore cette proposition, affirmant qu’avec 15 euros de plus par mois, on ne couvre même pas la moitié d’un plein de carburant. Quant au groupe Emera, il défend son effort en communiquant sur un budget salarial restructuré à hauteur de 2,5 millions d’euros, soit 2 % de sa masse salariale, qualifiant cette mesure de « ambitieuse », un jugement toutefois loin de convaincre les agents.

Un contexte national de grèves dans le secteur des soins

La mobilisation au sein de l’Ehpad Bérengère s’inscrit dans un contexte plus large de mouvements sociaux dans le secteur sanitaire et médico-social. Des situations comparables sont observées dans plusieurs régions, avec des personnels confrontés à des salaires proches du SMIC, une surcharge de travail et des effectifs insuffisants. Par exemple, à proximité de Toulouse, des salariés d’une clinique dénoncent également huit ans sans augmentation de salaire, un problème relayé via des témoignages récents.

De même, la grogne ne se limite pas au secteur hospitalier public. Des employés d’entreprises privées ou d’autres institutions, comme à Dinéo Souillac ou dans le secteur des livreurs en grève, réclament des rémunérations plus justes face à des performances croissantes ou des conditions de travail difficiles. Ces mouvements de protestation soulignent l’ampleur des enjeux liés à la valorisation des métiers essentiels et la reconnaissance salariale. Pour en savoir plus sur d’autres mouvements sociaux dans le secteur, vous pouvez consulter des articles dédiés sur cette page.

Aller plus loin avec l'IA

Explorez ce sujet avec les assistants IA les plus avancés

Laissez un commentaire

Aucun commentaire encore
  • Merci d'éviter tout message insultant/offensant pour la page Au Mans, le personnel de l’Ehpad Bérengère en grève : « On lutte pour nos aînés, mais on est rémunérés au SMIC » si vous souhaitez être publié.