Le capitalisme autoritaire émerge comme une nouvelle réalité politique qui transfère le pouvoir économique vers des acteurs financiers tout en s’appuyant sur des logiques sociales et politiques souvent méconnues. Cet article s’efforcera de décrypter les mécanismes de ce système, son impact sur la société et les dynamiques économiques, à travers l’œuvre de la sociologue Marlène Benquet, qui met en lumière une conception profonde et critique de la seconde finance.
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Qu’est-ce que le capitalisme autoritaire ?
Le capitalisme autoritaire représente un mode de régulation économique fondé sur la concentration des ressources financières et le contrôle des décisions d’investissement par un nombre restreint d’acteurs. Contrairement à la logique du néolibéralisme, ce système s’articule autour de fonds d’investissement, hedge funds et autres intermédiaires alors que l’épargne populaire est de moins en moins mobilisée dans le processus économique.
Cette forme de capitalisme s’accompagne souvent d’une volonté de concentration des pouvoirs, tant économiques que politiques, permettant ainsi une gouvernance qui se veut efficace, mais qui limite toute forme de contestation sociale. Les conséquences sont multiples, rendant difficile la mise en lumière des déséquilibres et des injustices financières.
La seconde financiarisation
La notion de seconde financiarisation, développée par Marlène Benquet, décrit la transformation des processus d’investissement où les intermédiaires prennent des décisions cruciales. Cela touche divers secteurs, notamment l’immobilier et les marchés financiers, où la logique de rentabilité prime sur l’éthique sociale. Ces nouveaux acteurs financiers sont souvent motivés par des objectifs de profit à court terme, ce qui exacerbe les inégalités existantes.
Cette seconde financiarisation mène également à un éloignement du citoyen, basé sur une économie où les grands groupes dominent et où les petits investisseurs sont marginalisés. Dans ce contexte, l’importance de l’ ethnocomptabilité émerge clairement, permettant de comprendre les comportements financiers non seulement par des chiffres, mais aussi par des perceptions et des projections futures des acteurs sociaux.
Une économie souterraine et ses effets sociétaux
La dynamique du capitalisme autoritaire engendre également une économie souterraine, où les transactions échappent au contrôle des structures officielles. Cela pose la question de la légalité et de l’éthique au cœur des pratiques économiques, souvent justifiées par la nécessité de survie dans un système devenu inégalitaire et opaque.
À travers des récits contemporains tels que ceux décrits dans le roman « Sicario Bébé » de Fanny Taillandier, il est possible de percevoir les impacts de cette situation sur les vies individuelles. Les jeunes générations peinent à trouver leur place dans ce système, face à un avenir incertain du fait des transformations radicales de l’économie.
Face à l’ascension du capitalisme autoritaire, la question de la mobilisation sociale se pose de manière pressante. La recherche menée par des sociologues, comme l’œuvre de Clara Deville sur le Rassemblement National, montre à quel point les partis extrêmes peuvent structurer une opposition au capitalisme dominant en utilisant des discours qui flattent la société civile.
Cette analyse fait apparaître les stratégies de mobilisation et de résistance face à un système qui semble déjà bien ancré. Des mouvements sociaux peuvent émerger, mais ils doivent naviguer dans un contexte complexe, ce qui nécessite une véritable réflexion sur les méthodes de lutte et d’organisation.
