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Les clés d’un État social efficace à faible taxation selon l’économiste suédois Stefan Fölster

Les clés d’un État social efficace à faible taxation selon l’économiste suédois Stefan Fölster

Dans une époque où la fiscalité et l’efficacité des services publics sont des sujets de débat intense, l’économiste suédois Stefan Fölster s’est penché sur les lien entre une fiscalité modérée et un État-providence performant. Dans un rapport ambitieux visant à classer les pays selon la performance de leur système de protection sociale, il démontre que de nombreux pays à faible pression fiscale surpassent les pays à forte fiscalité en matière de bien-être et d’efficacité des services.

Une vision révolutionnaire de l’État-providence

À l’origine, l’idée que les pays nordiques, avec leur fiscalité élevée, offrent les meilleurs services d’État-providence était largement répandue. Toutefois, selon Stefan Fölster, cet axiome ne serait plus valable aujourd’hui. En collaboration avec le chercheur Nima Sanandaji, il a découvert que des pays tels que le Japon, la Corée du Sud et la Suisse affichent des performances supérieures malgré une fiscalité inférieure à 35 % du PIB.

Cette observation conduit à une remise en question profonde des paradigmes dominants, car même avec des niveaux de prélèvements obligatoires plus bas, ces pays parviennent à garantir une protection sociale de qualité tout en préservant la croissance économique. Par conséquent, la place de la fiscalité dans le débat public sur l’efficacité des services sociaux est plus complexe qu’elle n’y paraît.

Les indicateurs de performance de l’État-providence

Fölster et Sanandaji ont établi une analyse basée sur douze indicateurs cruciaux pour évaluer la performance des États-providence. Ces indicateurs incluent l’espérance de vie, les résultats scolaires (enquêtes PISA), et divers critères de santé tels que la mortalité maternelle et le nombre de lits hospitaliers. Les résultats sont révélateurs : alors que la France continue de stagner à des niveaux de fiscalité élevés, des pays comme le Japon et la Corée du Sud se démarquent en matière d’éducation et de santé.

Le rapport plaide pour une approche plus nuancée, soulignant que des impôts moins élevés n’entraînent pas nécessairement un abandon des politiques sociales. Au contraire, une fiscalité modérée peut stimuler une plus grande efficacité dans les dépenses publiques, contribuant ainsi à de meilleurs résultats en matière de bien-être social.

Facteurs clés de la performance des pays à faible fiscalité

L’un des éléments déterminants pour la réussite des pays à faible fiscalité réside dans leur culture fiscale et politique. Les dirigeants politiques dans ces nations comprennent que chaque augmentation d’impôt est susceptible de nuire à leur popularité et donc se montrent plus économes dans l’utilisation des ressources publiques. Pour illustrer ce point, Fölster évoque que, par exemple, des réformes coûteuses, comme celles liées aux retraites, sont impensables dans des pays où la pression fiscale est déjà faible.

Les comportements des citoyens jouent également un rôle majeur. Une faible fiscalité incite les citoyens à assumer plus de responsabilité personnelle, ce qui peut créer d’autres formes de solidarité en dehors du cadre de l’État-providence. Fölster discute également de l’importance de la lutte contre les dépenses publiques superflues, qu’il considère comme une entrave à l’efficacité de l’État-providence.

L’effet d’éviction de l’État-providence

Ce phénomène, surnommé « l’effet d’éviction de l’État-providence », désigne la tendance des citoyens à se reposer excessivement sur l’État lorsque cette structure est trop lourde. Cela peut entraîner une diminution de la responsabilité individuelle et un effondrement de l’épargne personnelle. Selon Fölster, les services publics de qualité ne se traduisent pas toujours par une augmentation des dépenses, les pays à faible fiscalité ayant souvent su maintenir des niveaux de qualité élevés sans pour autant alourdir le fardeau fiscal de leurs citoyens.

Dans le cas de la France, la corrélation entre une pression fiscale élevée et une dégradation des performances sociales en matière d’éducation et de santé suggère qu’une réforme est nécessaire. Cela soulève la question de l’approche à adopter : plutôt que d’augmenter les impôts, il serait peut-être plus utile de rationaliser les dépenses publiques afin de se concentrer davantage sur l’efficacité des services sociétaux.

Implications pour la France et l’avenir de l’État-providence

La France se situe actuellement à la 18e place d’un classement sur 23 en matière d’efficacité de l’État-providence, selon les critères de Fölster. Cela contraste avec des niveaux de fiscalité parmi les plus élevés du monde, avec un taux de 45% du PIB. Les résultats décevants en matière d’éducation et de santé posent la question cruciale de la stratégie à adopter pour améliorer le fonctionnement de l’État-providence français.

Afin d’apprendre des exemples des pays à faible fiscalité, il serait judicieux que la France explore des réformes structurelles similaires à celles expérimentées par des nations comme la Suède, qui a réussi à réduire ses prélèvements obligatoires tout en maintenant un niveau élevé de services publics. Cela pourrait impliquer une acceptation de mesures douloureuses, telles que la réduction des aides au logement ou une réévaluation des dépenses publiques.

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