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L’Italie reporte la mise en place de la « taxe sur le sucre » à 2027, au cœur d’un débat européen grandissant

Initialement prévue pour entrer en vigueur dès le 1er janvier 2026, la taxe sur le sucre en Italie a été reportée d’une année. Cette décision s’inscrit dans un contexte de débats intenses à travers l’Europe concernant la régulation des produits sucrés et leur impact sur la santé publique. Alors que le gouvernement italien souhaite poursuivre les discussions pour une éventuelle suppression de cette taxe, la question du sur-sucre reste au cœur des préoccupations politiques et économiques régionales.

L’Italie repousse la mise en œuvre de la taxe sur le sucre

Introduite dans la loi de finances 2020, la taxe sur les boissons sucrées devait initialement s’appliquer à partir de début 2026. Néanmoins, les différents gouvernements italiens ont choisi de la reporter à plusieurs reprises, la dernière échéance étant désormais fixée à 2027. Ce délai supplémentaire vise à prolonger le dialogue avec les acteurs économiques et les autorités, notamment afin d’évaluer l’impact de cette taxe sur les investissements dans le pays.

Selon Giangiacomo Pierini, président d’Assobibe, représentant les producteurs de boissons non alcoolisées, ce report de douze mois est synonyme d’une opportunité de négociation pour l’exclusion pure et simple de taxes jugées contraignantes, telles que la taxe sur le sucre et la taxe sur le plastique. Ces dernières sont perçues comme des freins inutiles pour l’économie nationale, notamment face à la concurrence européenne.

Un débat européen de plus en plus vif sur la fiscalité du sucre

La polémique autour de la taxe sur les boissons sucrées ne se limite pas à l’Italie. En décembre dernier, l’Allemagne a relancé la discussion sur une éventuelle imposition nationale du sucre. Daniel Günther, ministre-président du Schleswig-Holstein, a souligné l’importance politique et économique d’une telle mesure, déjà largement attendue dans plusieurs pays de l’Union européenne.

Cependant, cette idée rencontre des résistances, notamment au sein des coalitions gouvernementales. Le ministre allemand de l’Agriculture, Alois Rainer, figure parmi les opposants à une taxe qui pourrait affecter les secteurs agricoles et agroalimentaires traditionnels. Cette situation reflète les divergences complexes entre santé publique, économie et politique fiscale au sein de l’UE.

Les perspectives à l’échelle européenne et les limites du plan santé cardiovasculaire

Sur le plan européen, la Commission européenne avait envisagé l’introduction d’une taxation ciblant les aliments ultra-transformés riches en graisses, sucres et sels, ainsi que les boissons alcoolisées sucrées. Cette proposition faisait partie du plan de santé cardiovasculaire envisagé pour favoriser une alimentation plus saine et réduire les risques liés aux maladies chroniques.

Pourtant, en raison de l’opposition ferme des grandes entreprises agroalimentaires et des lobbies sectoriels, le plan publié en décembre n’inclut pas d’engagement explicite en faveur d’une taxe sur les boissons sucrées. Ce recul met en lumière la difficulté de concilier objectifs sanitaires et intérêts économiques à l’échelle européenne.

Un contexte plus large de taxation des produits controversés

La taxe sur le sucre en Italie s’inscrit dans une dynamique mondiale grandissante de fiscalité ciblée sur des produits jugés nuisibles à la santé publique ou à l’environnement. Par exemple, le Mexique a récemment proposé une taxe de 8 % sur les jeux vidéo considérés comme violents, dans une démarche similaire visant la santé et la sécurité des populations.

De même, en Europe, le Sénat français a instauré une taxe verte sur les croisières internationales pour répondre aux enjeux environnementaux liés aux transports. Par ailleurs, l’augmentation progressive de la taxe sur les boissons sucrées en France alimente le débat quant à son effet pour l’État et ses conséquences sur le pouvoir d’achat des consommateurs.

Enfin, des controverses se développent autour de propositions telles que la « taxe bonbon » à l’Assemblée nationale française, qui vise à intégrer de nouvelles ressources dans le budget de la Sécurité sociale, ou encore les critiques contre la taxation de certains produits traditionnels comme le nougat, perçus comme une atteinte à la culture locale.

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