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MaPrimeRénov’ en pause : le coup d’arrêt fragilise la construction, activité en baisse de 3,8% en 2025 et jusqu’à 40 000 emplois menacés sur deux ans

Le secteur de l’artisanat du bâtiment en France traverse une crise majeure en 2025, exacerbée par la suspension de l’aide MaPrimeRénov’. Selon un rapport de la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (Capeb), l’activité du bâtiment recule de 3,8% cette année, entraînant la suppression de 30 000 à 40 000 emplois au sein des très petites entreprises. Cette situation fragilise durablement la construction et crée un climat d’incertitude pour les professionnels du secteur, face à une réorientation urgente des politiques publiques.

La suspension de MaPrimeRénov’ : un coup dur pour l’activité du bâtiment

Au 1er janvier 2026, la suspension de MaPrimeRénov’ a été officialisée par le ministre du Logement, confirmant une interruption temporaire liée à l’absence de financement. Ce dispositif, essentiel à la rénovation énergétique des logements, était un soutien majeur pour de nombreuses TPE du bâtiment. Ce coup d’arrêt brutal est venu s’ajouter à une conjoncture économique déjà délicate, marquée par l’inflation des matières premières et la réduction des commandes dans la construction neuve.

Le secteur constate ainsi une baisse de 3,8% de son activité en 2025, majoritairement dans le segment du logement neuf, avec une contraction annuelle d’environ 7%. Cette diminution impacte directement la viabilité des petites entreprises, qui peinent à maintenir leur volume de chantiers et à gérer leurs coûts face à un environnement incertain. Pour en savoir plus sur cette suspension, plusieurs sources détaillent les mesures et les conséquences de l’arrêt temporaire : MaPrimeRénov’ arrêtée au 1er janvier 2026, Suspension imminente du dispositif d’aide.

Une crise sociale au sein de l’artisanat du bâtiment

La dégradation de l’activité entraîne des effets significatifs sur l’emploi, avec la perte estimée entre 30 000 et 40 000 postes en deux ans dans les TPE de moins de dix salariés. Les entreprises artisanales, qui emploient une large part des professionnels du secteur, voient leur capacité de recrutement baisser, notamment avec une chute de 6% des apprentis en CAP.

Jean-Christophe Repon, président de la Capeb, qualifie cette tendance de « vrai plan social ». Il s’inquiète également d’un manque imminent de main-d’œuvre qualifiée, un facteur qui risque de freiner la reprise et la pérennité du secteur. Par ailleurs, la suspension répétée du dispositif, liée à l’absence de budget clairement défini, accentue cette incertitude. Pour approfondir ces enjeux, il est possible de consulter d’autres analyses comme : Vers une pause temporaire dès le 1er janvier 2026, Interruption des aides à partir du 1er janvier 2026.

Propositions et enjeux pour un redressement durable

Face à cette situation, la Capeb prône le maintien du dispositif MaPrimeRénov’ sous la gestion publique de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) afin d’éviter la fraude et de garantir un financement transparent et efficace. L’organisation appelle également à un nouveau plan pluriannuel de soutien qui combinerait fonds publics et investissements privés.

Le recours aux contrats d’économie d’énergie (CEE), fondés sur le principe du pollueur-payeur, est également envisagé pour renforcer les moyens alloués à la rénovation énergétique. Enfin, la Capeb suggère un parcours d’accompagnement échelonné sur cinq ans, permettant une rénovation progressive des logements, afin de faciliter l’organisation des entreprises et l’engagement des particuliers.

Ces propositions s’inscrivent dans un dialogue continu avec le ministère de la Ville et du Logement en vue de stabiliser le secteur avant les échéances électorales majeures, avec notamment les perspectives liées à 2027. Il s’agit pour les acteurs de l’artisanat de bâtir un cadre durable et lisible pour encourager la rénovation énergétique et soutenir l’emploi.

Un défi national qui touche l’ensemble des régions

Cette crise n’épargne quasiment aucune région française, à l’exception notable de la Provence-Alpes-Côte d’Azur, où l’activité ne montre pas de repli marqué. La baisse généralisée souligne la nécessité d’intervenir rapidement pour éviter un délitement progressif du tissu artisanal dans le bâtiment.

Les artisans et petites entreprises, qui constituent un maillage essentiel de l’économie locale, subissent aussi les conséquences des changements simultanés des dispositifs d’aide, comme la suppression programmée de la loi Pinel fin 2024.
La fragmentation des aides et les incertitudes budgétaires freinent les investissements et engendrent des licenciements dans 25% des entreprises artisanales au second semestre 2025, selon la Capeb.

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