La suspension récurrente de MaPrimeRénov’, principale aide gouvernementale dédiée à la rénovation énergétique des logements, inquiète fortement les professionnels du bâtiment. À cause d’un manque de budget pour 2026, le guichet ferment une nouvelle fois, plongeant le secteur dans l’incertitude et aggravant une baisse d’activité déjà préoccupante. Jean-Christophe Repon, président de la Capeb (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment), appelle à un changement radical dans le mode de financement, afin d’éviter ce cycle répétitif de « stop and go » qui nuit à la planification et à la confiance des artisans et des ménages.
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Une suspension récurrente qui fragilise le secteur du bâtiment
La confirmation officielle par Vincent Jeanbrun, ministre du Logement, de la fermeture du guichet MaPrimeRénov’ à compter du 1er janvier 2026 transmet un signal fort de difficultés budgétaires à venir. Ce dispositif, déjà restreint depuis l’été dernier, est désormais suspendu dans l’attente de l’adoption d’un budget. Ce manque de continuité accroît les tensions dans un secteur déjà fragilisé.
En effet, la Capeb fait état d’une « lente décroissance » de l’activité artisanale dans le bâtiment depuis deux ans, avec la disparition de près de 40 000 emplois, et un recul global du secteur évalué à -3,5%. La suspension successive des aides publiques reste un facteur aggravant, estimé à une perte supplémentaire de 2% d’activité liée uniquement à MaPrimeRénov’. La volatilité des subventions pèse sur la capacité des entreprises à planifier leurs chantiers et sur la confiance des ménages dans les projets de rénovation.
Vers un nouveau modèle de financement pluriannuel et mixte
Face à cette instabilité, Jean-Christophe Repon propose un changement de paradigme : la mise en place d’un plan pluriannuel de rénovation énergétique étalé sur cinq ans. Cette approche permettrait aux ménages et artisans d’envisager des rénovations progressives, plutôt que des projets ponctuels dépendants d’un budget annuel fluctuants.
Ce plan stratégique nécessiterait une mobilisation conjointe des fonds publics et privés. D’une part, il s’agirait de sécuriser le financement étatique dédié à MaPrimeRénov’, et d’autre part d’impliquer les acteurs privés, notamment via les contrats d’économie d’énergie (CEE) qui reposent sur le principe pollueur-payeur, ainsi que via des mécanismes financiers tels que des leasings bancaires adaptés à la rénovation énergétique. Cette mixité des ressources garantirait une meilleure stabilité et une visibilité accrue pour tous les acteurs impliqués.
Une telle réforme rejoint d’ailleurs les réflexions sur d’autres modes de financement stratégique, comme ceux explorés pour des projets d’envergure ou pour soutenir la dynamique des PME, tel que le partenariat innovant entre la SFI et Bank of Africa pour dynamiser le financement des PME en Afrique.
Un accompagnement étalé sur cinq ans pour sécuriser les rénovations
Au-delà des questions de financement, la Capeb insiste également sur l’importance d’un accompagnement global et progressif des ménages, sous la forme d’un parcours d’accompagnement étalé sur plusieurs années. Ce dispositif faciliterait la réalisation de travaux étape par étape, évitant ainsi les projets trop ambitieux mais non financés intégralement dès le départ.
Ce modèle s’oppose à la politique actuelle, qui privilégie les rénovations d’ampleur immédiate pour les ménages les plus modestes, mais qui a souvent pour effet de restreindre le nombre de bénéficiaires et de complexifier l’accès aux aides. Le chef de la Capeb souhaite un système plus inclusif, permettant à un plus grand nombre d’artisans et de petites entreprises d’accéder au marché, tout en améliorant la qualité et la fiabilité des interventions.
Des fraudes massives qui complexifient la gestion des dossiers MaPrimeRénov
Un autre défi majeur pour la bonne gestion de MaPrimeRénov’ réside dans la fraude significative constatée au sein des entreprises labellisées RGE (Reconnues Garant de l’Environnement). Sur les 50 000 entreprises habilitées à ce jour, un nombre important ne respecte pas les normes, ce qui rallonge considérablement les délais d’instruction des dossiers par l’Agence nationale de l’habitat (Anah).
Le président de la Capeb demande un renforcement des contrôles sur les chantiers pour garantir la qualité des réalisations et protéger les milliers d’artisans légitimes. Il souligne également la nécessité de ne pas concentrer les 4 milliards d’euros annuels dédiés à MaPrimeRénov’ entre les mains d’un groupe restreint d’entreprises, mais de l’ouvrir davantage aux très petites entreprises (TPE), favorisant ainsi une dynamique économique plus large dans le bâtiment.
Si les objectifs gouvernementaux en matière de rénovation énergétique étaient respectés, près de 500 000 entreprises dans tout le pays pourraient être mobilisées, générant un effet positif sur l’emploi et la transition énergétique.
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