Le secteur du bâtiment traverse une crise profonde qui s’éternise, poussant les artisans à exprimer leur mécontentement ce mercredi 17 décembre 2025 à travers une mobilisation nationale. Les professionnels dénoncent l’instabilité gouvernementale et l’incertitude liée au budget 2026, qui paralysent l’activité et fragilisent leur avenir. Face à des réformes incessantes et des conditions de travail et d’investissement difficiles, les artisans du bâtiment réclament des mesures urgentes pour redynamiser le secteur.
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Une instabilité gouvernementale freinant l’économie du bâtiment
Le malaise dans le secteur du bâtiment est attribué, en grande partie, à l’instabilité et aux changements fréquents de la réglementation. Selon Ludovic Espitalier-Noël, secrétaire général de la CAPEB 56, les pouvoirs publics sont les principaux responsables du blocage actuel. Le dispositif Ma Prime Rénov, destiné à encourager la rénovation énergétique, a subi pas moins de quatorze réformes, avec une quinzième envisagée qui pourrait entraîner sa suppression si le budget 2026 n’est pas adopté.
Cette succession de réformes crée une incertitude majeure pour les entreprises du bâtiment. Ces dernières peinent à planifier leurs investissements, recruter et fidéliser leurs salariés dans un contexte où les règles évoluent presque quotidiennement. L’absence de stabilité dans la législation engendre ainsi une paralysie qui menace la survie même des entreprises artisanales du bâtiment.
Des demandes concrètes pour soutenir la rénovation énergétique
Parmi les revendications des artisans, l’urgence de simplifier l’accès à la qualification RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) est mise en avant. Ce label, indispensable pour que les ménages bénéficient des aides fiscales lors de travaux de rénovation énergétique, doit être rendu plus accessible afin de relancer efficacement les chantiers.
Les artisans souhaitent également la réintégration des rénovations monogestes. Actuellement, l’État privilégie la rénovation globale des logements, une démarche idéaliste mais souvent inaccessible financièrement aux ménages. Permettre des travaux progressifs, geste par geste – isolations des murs, des combles – dès le 1er janvier 2026, serait une mesure pragmatique pour encourager plus de rénovations sur le terrain.
Lutte contre la concurrence déloyale des auto-entrepreneurs
Une autre source de frustration majeure chez les artisans est la concurrence jugée déloyale des auto-entrepreneurs. Ces derniers bénéficient d’avantages fiscaux comme l’exonération de TVA en dessous d’un certain seuil, ce qui leur permet de proposer des tarifs inférieurs aux entreprises traditionnelles. Ce déséquilibre pénalise les artisans qui, en plus de la TVA, doivent supporter des coûts liés à la formation et à l’assurance.
Cette situation nuit à la qualité du travail et pose des risques en termes de sécurité et de conformité. Les syndicats du bâtiment réclament un encadrement plus strict et une harmonisation des règles pour garantir une concurrence équitable. C’est un point clé pour redonner confiance aux artisans et protéger les consommateurs.
Un besoin criant de stabilité réglementaire et administrative
Les professionnels du bâtiment dénoncent également l’instabilité des règles administratives, notamment en matière de gestion des déchets issus des chantiers. Les dispositifs alternent entre formats électroniques et papiers, avec des exigences variables sur le détail des déchets à déclarer. De plus, le non-respect des obligations de reprise des déchets par certains distributeurs entraîne des surcoûts et une double ou triple facturation pour les entreprises.
Les artisans appellent à une simplification et à une uniformisation des règles pour éviter la confusion et réduire les charges administratives. Une réglementation claire, stable et fiable est jugée indispensable pour permettre aux entreprises de travailler sereinement et de se concentrer sur leur cœur de métier.
Mobilisation nationale devant les préfectures
Ce mercredi 17 décembre, des rassemblements sont organisés dans plusieurs villes, notamment à Angers et La Roche-sur-Yon, devant les préfectures, pour porter ces doléances. Des délégations rencontreront également les représentants de l’État afin de discuter des difficultés rencontrées et des mesures à adopter en urgence. Cette mobilisation témoigne d’une profonde inquiétude et d’une volonté forte de faire entendre la voix des artisans du bâtiment.
Face à cette situation critique, il est essentiel que le gouvernement apporte des réponses claires et durables pour redresser un secteur clé de l’économie, garant de logements rénovés, sécurisés et économes en énergie.
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