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Une autre piste face à la « taxe Zucman » : imposer la croissance des patrimoines

Le débat autour de la taxe Zucman révèle bien des enjeux liés à la fiscalité des très hauts patrimoines en France. Alors que le projet d’une taxe frappant les fortunes supérieures à 100 millions d’euros a été rejeté, une alternative émerge : imposer la croissance des patrimoines annuellement plutôt que le montant total du patrimoine. Cette approche innovante tiendrait compte des fluctuations du marché et des variations réelles de la richesse des contribuables.

Ce nouvel impôt proposerait d’adapter la fiscalité aux dynamiques économiques et ainsi réduire les résistances psychologiques suscitées par une taxe applicable sur la fortune globale, souvent composée d’actifs professionnels instables. Cette piste fiscale promet d’apporter une contribution inédite à la lutte contre les inégalités sociales en France.

Les limites de la taxe Zucman et le contexte fiscal actuel

La taxe Zucman visait à imposer un taux plancher de 2 % sur les patrimoines dépassant 100 millions d’euros, touchant seulement 1 800 foyers en France. Malgré son faible nombre de contribuables concernés, cette mesure a été rejetée dès le premier vote à l’Assemblée nationale, en raison notamment des craintes d’exil fiscal et d’atteinte à l’activité économique.

Les critiques classiques contre une telle taxe évoquent la possible fuite des capitaux, la perte d’emplois dans les entreprises détenues par ces milliardaires, et le facteur d’insolvabilité des licornes high-tech, startups valorisées mais souvent déficitaires. Ce contexte rend difficile la mise en œuvre de mesures contraignantes pour taxer efficacement les grandes fortunes, comme l’a également illustré le refus des sénateurs d’adopter ce texte.

Par ailleurs, la définition même de la richesse nette pose problème. Les fluctuations de la valeur des actifs, notamment cotés en Bourse, génèrent une variabilité qui rend injuste une taxation figée sur un patrimoine évalué à un instant donné. Cette rigidité structurante explique en partie l’échec à instaurer une taxe sur les patrimoines les plus élevés.

Imposer la croissance des patrimoines : un modèle fiscal adaptatif

Face aux difficultés liées à la taxation du patrimoine global, une piste innovante envisage de taxer spécifiquement l’augmentation annuelle de la valeur du patrimoine. Cela signifie qu’un impôt serait prélevé uniquement sur la richesse générée durant une année, plutôt que sur le total accumulé, ce qui intègre la notion de variabilité des valeurs patrimoniales.

Ce système permettrait notamment de compenser les périodes de baisse de patrimoine. Par exemple, si un objet de valeur ou une entreprise baisse significativement en valeur l’année suivante, cette diminution s’imputerait sur les impôts déjà payés lors de la période de hausse, assurant une justice fiscale accrue.

Une telle approche viserait à rendre la taxation plus équitable et dynamique, répondant mieux aux réalités économiques des contribuables. En effet, imposer la croissance plutôt que la valeur totale limiterait les risques d’assujettissement en cas de crise ou de perte importante d’actifs.

Avantages et challenges techniques de la taxe sur la croissance patrimoniale

Techniquement, ce nouvel impôt demanderait une évaluation régulière et fiable des patrimoines privés, appliquant un taux progressif ou dégressif selon les tranches de croissance. Ce modèle fiscal présente l’avantage d’être plus souple, capable de tenir compte de la dimension cyclique des marchés financiers et des entreprises non cotées.

Par ailleurs, une attention particulière serait portée aux start-ups et « licornes » afin d’éviter une charge fiscale excessive durant leurs phases de développement non rentables. Des périodes d’exemption et des mécanismes de paiement différé, par exemple via des augmentations de capital, pourraient être intégrés.

Cependant, la mise en œuvre de ce système nécessite de
régler plusieurs questions pratiques, telles que la définition précise des actifs concernés, la fréquence des évaluations patrimoniales, et les modalités d’ajustement des impôts en cas de fluctuations importantes. Malgré ces défis, cette méthode offrirait une réponse adaptée aux critiques majeures portées contre la taxe Zucman.

Une contribution novatrice au débat mondial sur les inégalités

Dans un contexte où l’accroissement des inégalités de richesse s’accélère à l’échelle internationale, la France pourrait jouer un rôle de pionnier en adoptant une fiscalité qui cible l’accroissement effectif des patrimoines. Cette approche pourrait freiner l’envolée des fortunes les plus importantes tout en évitant les effets négatifs associés à une lourde taxation du patrimoine total.

En prenant en compte la variabilité des actifs et en imposant uniquement la croissance du patrimoine, ce modèle simplifierait le débat entre justice sociale et attractivité économique. Il offrirait ainsi un compromis entre les exigences de redistribution des richesses et la nécessité de préserver l’investissement et l’emploi.

Cette piste s’inscrit dans une réflexion globale sur la réforme du système fiscal et la volonté d’établir une fiscalité plus juste et efficace. Elle constitue une étape potentielle vers un mécanisme qui pourrait être adapté dans d’autres pays confrontés aux mêmes enjeux.

Pour approfondir ces enjeux fiscaux et suivre l’actualité autour de la taxe Zucman, vous pouvez consulter les analyses proposées sur Simulation-Impôts.net, notamment au sujet des obstacles rencontrés, ainsi que la proposition d’une version simplifiée de la taxe Zucman accessible ici. D’autres articles, comme celui sur le refus récurrent du Sénat à l’encontre de cette taxe (à lire ici) ou encore les critiques adressées à cette proposition fiscale (détaillées là), offrent un panorama complet des débats actuels.

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